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 Par Serge Simard
Déjà tabletté depuis un certain temps, l’œuvre télé-romanesque de Michel Tremblay a enfin été discrètement présenté sur les ondes de Radio-Canada.
Mièvrement vendu comme étant le premier téléroman gay de l’histoire québécoise, la station-mère (poule) s’est timidement renfrognée dans son garde-robe en atténuant grandement l’auto-promotion habituellement réservée aux primeurs de la saison. Peur de choquer la poussiéreuse morale judéo-chrétienne de nos frileuses et dernières « mangeuses » de balustres ? On ne sait. Sauf que ce jeudi sonnera le glas avec le treizième et dernier épisode de la mini-série.
Si je vous précise tout ceci, c’est que j’ai quelques regrets en regard au fait que je n’ai pas suivi l’émission. Pour tout vous dire, après quelques segments du premier épisode, j’ai promptement abandonné ces torturés personnages en ne voyant que l’obsolète thématique théâtrale du Tremblay des années soixante-dix. Magnétoscopée dans des décors de carton comme au temps des « télé-tiatres », j’ai zappé au plus sacrant sur FORTIER afin de retrouver un montage moderne et syncopé. J’avais tord…
La semaine dernière, je suis retourné me triturer la veine cave et j’ai assisté à des numéros d’acteurs comme il nous en est de moins en moins proposé au petit écran. Un jeu de comédiens sans fards sonores et visuels. À des années-lumière des tics factices de Sophie Lorain caricaturant les préceptes sacrés de l’actors-studio !
Des bonbons assortis : Micheline Lanctot, Gilles Renaud, Janine Sutto et Mari Tifo à titre d’exemple. La merveilleuse Murielle Dutil en gouine meurtrie est digne de l’épithète de mère courage à l’envers. Huguette Oligny nous démontre que le talent est loin de décroître avec un état octogénaire. Que d’intensité…
Mais voilà, je sais, il est un peu trop peu et beaucoup trop tard pour publiciser la chose dont Radio-Canada a livrée en catimini derrière la non-lesbienne Fabienne. Peut-être aurons-nous le bonheur d’une rediffusion prochaine.
Ce qui fait la force du CŒUR À DÉCOUVERT, ce sont les mots de Michel Tremblay admirablement incarnés par des comédiens chevronnés.
Ce soir, si vous avez la force de « flusher » l’incrédible inspecteure ampoulée de TVA, vous aurez la chance d’y voir jouer sa cadette de sœur (Danièle Lorain) dans un univers moins teinté de sang mais giclant de vérité ! Parfois, l’amour est bien malheureusement plus létal que le plus dangereux des tueurs en séries.
Donc, un « outing » à moitié réussi. À moins que Radio-Canada avait pour ultime but de tuer sa propre série...
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