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 Par Serge Simard
Depuis quelques douzaines, vous aviez un persévérant mal de cœur et ne pouviez diagnostiquer sa véritable origine. En ce dimanche pascal, vous redoutiez de carburer au CADBURY, craignant la fatale indigestion sucrée…
Et pourtant, ce matin, point de haut-le-cœur à l’horizon. Votre imaginaire ulcère gastrique semble s’être volatilisé comme autant de Lazare revenant du pays des morts !
Vous avez alors tenté un récapitulatif de l’étrange malaise qui vous a affligé depuis le début de la nouvelle année. À l’époque, vous mettiez la justification de votre indisposition en parallèle aux heureux excès de bombances à l’occasion des fêtes. Le Pepto-Bismol ne calmant en rien vos crampes intérieures, vous aviez commencé à enfler sur de saines inquiétudes…
Était-ce le coup de fouet de l’hiver ? L’imminente guerre se profilant sur la triste contrée ? Le déclenchement du va-vite des élections ? Vous n’arriviez pas à mettre le doigt auscultatoire sur la plaie de votre mal-être. Tout au plus, une inlassable ritournelle qui vous martelait les neurones en vous rappelant de façon cyclique : …et c’est pas fini !
Votre sentiment justifié d’étouffement n’arrangeait pas les choses. Vous songiez à une montée fulgurante d’hypocondrie mais en réalisant que vous n’étiez qu’une simple victime de cette nouvelle pandémie, vous aviez, momentanément, quelque peu retrouvé votre souffle. La chose avait dorénavant un nom : SRAS pour Surexposition de Redondances Acquises aux Stars. Vous étiez fixé mais la barbare épidémie n’inoculait pratiquement personne.
Les grands scientistes ne pouvaient prescrire aucune posologie médicamenteuse qui vaille. Le verdict tomba telle une prescription salvatrice : seul le temps arriverait à soigner les macchabées. Pour certains plus que pour d’autres, la convalescence serait longue. Ironiquement, un seul conseil émanant du ministère de la santé mentale : éviter les grands amphithéâtres, lieux propices à la résurrection du virus.
Mais tout cela fait désormais parti de votre passé. Les arbres peuvent enfin bourgeonner, le printemps est finalement arrivé. Ce matin, vous respirez pleinement et vous êtes si bien. Si bien que vous ne sentez aucunement la menace dans votre esprit quand, bien imprudemment, vous entonnez faiblement avec un chardonneret de passage : …c’est rien qu’un début, le vrai soleil, on l’a pas encore eu…
Est-ce réellement bien fini ?
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