DION: JE SUIS DE SEL!
La déception est grande. À la hauteur d’un projet putasse! L’incontournable Céline nous revient, IN FRENCH, avec un album-concept clignant d’un oeil torve une suite plaquée D’EUX: voici D’ELLES!
La chanteuse pas si heureuse a beau déployée sa pâle palette émotionnelle, l’entreprise sent le suranné dans des labyrinthes mille fois explorés. Pourrait-on lui en vouloir? Pas vraiment, elle livre la commande comme un vendeur de minounes usagées. Faisant honnêtement son boniment auprès du client. Le fautif est ailleurs, c’est l’employeur-gérant Angélil qui en est la source...
Je n’ai rien contre les concepts, sauf qu’a trop vouloir enrubanné la marchandise, on en arrive a dissoudre son contenu. René Angélil est un manichéen du service avant-vente. Il était la recherche d’un concept, c’est lui qui le dit. On ne parle pas de création ici, on parle business.
Après son ellipse dans le désert américain, il était temps de renouer avec la francophonie, question de se refaire une crédibilité après sa crue-débilité de show-guimauve à la lasse-vegasienne...
Et comment s’y prends-t-on? Premièrement, en focusant sur des mots et des maux de femmes; exception faite du SPM! Dans les textes du disque D’ELLES, d’ailes , il n’est point. Les auteures-invitées reniflent l’opportunité de se coller à la chanteuse internationale le temps d’une ritournelle. Aussi, cela devient clownesque que de mixer Bombardier, Dion et la Callas le temps d’un titre. Du reste, force est de constater que si la Denise utilise un langage châtié en mode prose, elle se plante rigoureusement en rimettes insipides. Si, au moins, il s’agissait d’auto-dérision inconsciente, mais non, cela se veut sérieux. Et surtout prétentieux...
Même allégorie simpliste avec la berceuse de madame Bertrand. Nous connaissons tous l’humanité et l’humilité redondante de celle qui cherche à savoir. Ici, place au dépouillement sonore, millionième version d’un FRÈRE JACQUES à l’envers!
Et ça ne fini plus de se poursuivre dans un éclectisme échevelé: la lesbienne assumée, la trisomique récupérée, la travestie-de-nom ressuscitée. Tout cela sur des musiques resucée et des interprétations au-delà du sans-nuances!
Si cet album avait été produit pour une illustre inconnue, il se serait dissout dans les méandres des oubliettes. Mais voilà , les moyens sont autres. D’un mur- -mur médiatique qui accoure à la moindre sueur sans sel de la star. L’ironie est que Céline a déclarée sur TF1 que nous n’avions jamais entendu sa véritable voix. Révélation? Non, nous le savions!
Une des treize chloroformes plages ombragées s’intitule JE NE SUIS PAS CELLE. L’homonyme aurait été plus juste: JE NE SUIS QUE DE SEL. Louangeons la statue qui s’est trop longtemps retournée dans la facilité d’un marketing galopant. Dommage, déifiée à tord et malgré son statut de sel, elle nous revient sans saveur. Noyée dans un outrancier mélange de goûteux colorants substituts...

